L'année 2008 s'est achevée de la meilleure des façons pour les abolitionnistes. Le 18 décembre 2008, l'Assemblée générale des Nations unies adoptait en effet une nouvelle résolution appelant à un moratoire universel sur les exécutions. Ratifiée par un nombre d'États croissant, elle réaffirme la première résolution signée en 2007.
Changement de mentalité aux USA ?
Les États-Unis, qui ont voté contre cette résolution, restent l'une des dernières démocraties au monde à pratiquer la peine de mort. Si les exécutions ont cessé dans le pays pendant six mois en 2008, c'est en raison des recours de deux condamnés à mort du Kentucky remettant en cause la constitutionnalité du mode d'exécution par injection létale. Mais la Cour suprême a finalement validé cette méthode d'exécution, donnant le sinistre coup d'envoi de la reprise des mises à mort. Pourtant d'autres signes venus d'outre-Atlantique sont encourageants pour les activistes. Dans le sillage du New Jersey qui a aboli la peine de mort en décembre 2007, des États comme le Nebraska et la Californie commencent à s'interroger. Sur leurs méthodes d'exécution bien sûr, mais aussi sur l'efficacité de leur système judiciaire. L'argument principal est celui du surcoût de la peine capitale, bien plus chère à mettre en ½uvre que la prison à vie. Des voix s'élèvent et commencent à exiger une meilleure utilisation de cet argent, d'autant que le nombre de cas d'homicides non résolus ne cesse de grandir. Un récent sondage (Gallup Poll) montre que pour la première fois les opinions favorables à la peine de mort ont en 2008 baissé de 5% par rapport à 2007 portant à 64% les opinions favorables à la peine de mort. Le peuple américain semble donc évoluer, doucement. Le sujet reste d'ailleurs suffisamment délicat pour que John McCain et Barack Obama évitent de l'aborder frontalement pendant la campagne présidentielle. Alors que les États-Unis viennent, pour la première fois de leur histoire, d'envoyer un Noir à la Maison Blanche, les abolitionnistes conjuguent leurs efforts pour sauver Troy Davis et Mumia Abu-Jamal, deux condamnés Noirs américains, devenus des symboles de l'injustice et du racisme de l'institution judiciaire américaine.
Recul en Asie
Autre démocratie à pratiquer la peine de mort, le Japon a au contraire envoyé un signal limpide au reste du monde : le nombre d'exécutions a connu une augmentation drastique et inquiétante en 2008.
En Asie toujours, le géant voisin a focalisé l'attention des amoureux de sport et surtout celle des défenseurs des droits de l'Homme toute l'année. Les Jeux olympiques organisés à Pékin l'été dernier n'auront pas permis aux pays démocratiques d'exercer une pression suffisante sur les autorités chinoises. Par manque de courage de nos dirigeants sûrement, par soumission aux enjeux économiques surtout. Malgré l'énorme mobilisation internationale, la Chine reste médaille d'or du nombre d'exécutions.
L'Afrique évolue
Alors que la situation se dégrade toujours plus en Iran, d'autres pays ont à l'inverse rejoint le camp des abolitionnistes : l'Ouzbekistan, l'Argentine et bientôt le Burundi si le Sénat confirme la décision prise en novembre par l'Assemblée nationale. En Afrique, le Gabon, le Togo et, plus au nord, le Maroc semblent également emprunter le chemin de l'abolition.
On sait que l'année 2009 ne sera pas celle de l'abolition totale de la peine de mort mais chaque année les efforts fournis par chacun nous mène dans ce sens...Continuons cette lutte quotidienne pour qu'un jour les exécutions cessent...